Skip to main content Skip to Navigation Skip to Footer

La vérité au sujet des femmes et de l’alcool

Angie Royal IA, BScInf.

L’un de mes rôles à titre d’infirmière au Bureau de santé Porcupine consiste à renseigner les gens sur la sécurité et les risques associés à la consommation d’alcool. Je me fais souvent demander pourquoi, dans les Directives de consommation d’alcool à faible risque du Canada, on recommande des limites moins élevées pour les femmes que pour les hommes. Je connais quelques femmes qui peuvent boire autant que les hommes, sinon plus. Est-ce que les auteurs de ces directives avaient des préjugés ou vivaient dans le passé? Non. En fait, les recommandations sont fondées sur la façon dont l’organisme métabolise l’alcool et sur les expériences qui sont propres aux femmes.

Les femmes ne métabolisent pas l’alcool de la même façon que les hommes. Cet état de choses s’explique, d’une part, par le fait que leur estomac renferme un taux moins élevé de l’enzyme qui décompose l’alcool, ce qui fait que les femmes absorbent une plus grande quantité d’alcool dans le sang. D’autre part, le corps de la femme contient moins d’eau et plus de tissus adipeux que celui de l’homme. Par conséquent, la concentration d’alcool demeure plus forte, plus longtemps, chez la femme étant donné que les tissus adipeux retiennent l’alcool plus longtemps, tandis que l’eau le dilue. Par ailleurs, la fluctuation des taux d’hormones chez la femme peut avoir un effet sur le métabolisme de l’alcool. Bref, si un homme et une femme consomment la même quantité d’alcool, la femme affichera un taux d’alcoolémie plus élevé et celui-ci demeurera probablement plus élevé pendant plus longtemps.

En outre, l’alcool risque davantage d’entraîner des problèmes de santé graves chez les femmes que chez les hommes. Même des quantités modérées d’alcool augmentent le risque de cancer du sein et d’autres cancers. Figurent parmi les autres risques pour la santé l’ostéoporose, les dommages au foie, les maladies du cœur, l’AVC, une baisse de la fécondité et les lésions cérébrales.

La consommation d’alcool entraîne aussi des risques d’ordre social. En effet, l’alcool peut affaiblir le jugement et la capacité de remarquer les dangers. Quand les femmes boivent à l’excès, elles augmentent leur risque d’être victimes de violence et d’agression sexuelle.

Un autre aspect dont il faut tenir compte en ce qui concerne les femmes, c’est la consommation d’alcool et la grossesse. Si vous prévoyez une grossesse ou si vous êtes enceinte, il vaut mieux ne pas boire d’alcool. La consommation d’alcool pendant la grossesse comporte toutes sortes de risques, notamment l’ensemble des troubles causés par l’alcoolisation fœtale (ETCAF). Si vous allaitez, il y a aussi des précautions à prendre pour éviter que l’alcool fasse du tort à votre bébé.

Réduire la consommation d’alcool ou s’en abstenir peut non seulement éliminer les risques, mais aussi avoir des bienfaits pour les femmes comme pour les hommes. Citons, entre autres, réduire le nombre de calories vides, avoir une meilleure nuit de sommeil, avoir plus d’énergie pendant la journée et avoir plus d’argent dans son compte bancaire.

Comme femmes, rappelez-vous que vous n’êtes pas obligées de vous mesurer aux hommes quand il est question d’alcool. Les femmes métabolisent l’alcool différemment et sont plus vulnérables à ses effets néfastes. Tenez compte des Directives de consommation d’alcool à faible risque du Canada – il s’agit de limites et non de cibles; pour certaines personnes, prendre de l’alcool, peu importe la quantité, pose un risque. Faites de votre santé une priorité, aujourd’hui.