Skip to main content Skip to Navigation Skip to Footer

Les jeux risqués

Martin Paul BSc Kin (Hons)

Songez à l’époque où vous aviez 10 à 12 ans. À quoi vous amusiez-vous? Est-ce qu’un adulte vous surveillait? Est-ce qu’un adulte savait même où vous vous trouviez? Est-ce que vos activités comportaient un élément de risque? Et maintenant, voici la question la plus importante. Est-ce que quelqu’un a eu besoin d’un traitement médical?

Si j’avais à répondre à ces questions, voici ce que seraient mes réponses :

  • Je m’amusais principalement dehors.
  • Un adulte surveillait rarement mes activités.
  • Un adulte savait parfois où je me trouvais.
  • Mes activités comportaient la plupart du temps un élément de risque.
  • Je ne me rappelle pas que quelqu’un se soit blessé.

Qu’est-ce que le jeu risqué?

Le jeu risqué est défini comme un jeu palpitant et excitant qui peut comprendre un risque réel ou perçu de blessure. Le risque pourrait être associé à la hauteur, à une grande vitesse, à l’utilisation d’outils dangereux comme des scies ou un canif, au jeu à proximité d’éléments potentiellement dangereux comme l’eau ou les rochers ou simplement aux jeux de bagarre typiques.

Les risques se présentent sous diverses formes et ils ne sont pas tous mauvais. Lorsque votre enfant grimpe à un arbre, par exemple, il risque de tomber. Toutefois, les enfants connaissent leurs habiletés et leurs limites. Un enfant qui grimpe à un arbre ne va pas monter plus haut qu’il ne s’en sent capable et aura rarement besoin d’aide pour en redescendre. C’est ce que l’on appelle jeu risqué. 

Des études révèlent qu’il faudrait qu’un enfant joue en moyenne 3 heures par jour sur une période de 10 ans pour subir une blessure exigeant un traitement médical. Dans le pire des cas, cette blessure se limiterait à une fracture du bras. Comprenez-moi bien. Une blessure n’est pas une bonne chose, mais le jeu risqué peut aider votre enfant à développer sa résilience et sa capacité à surmonter l’adversité. Par exemple, si un enfant de 7 ans se fracture le bras en grimpant à un arbre, il reprendra éventuellement ses activités physiques. Le bras cassé ne l’empêchera pas de prendre d’autres risques à l’avenir. En fait, il tirera une leçon de sa chute et améliorera sa capacité à grimper aux arbres.

Encourager le jeu risqué ne fait qu’encourager plus de jeu. Lorsque nous plaçons des limites sur ce qu’un enfant peut faire ou ne pas faire lorsqu’il joue dehors, il a plus de mal à s’amuser. La recherche a montré que lorsqu’on laisse un enfant jouer dehors, il bouge plus, passe moins de temps assis et plus de temps à jouer. Tout cela peut avoir des effets positifs sur son taux de cholestérol, sa tension artérielle, sa composition corporelle, sa densité osseuse, sa condition cardiorespiratoire et musculo-squelettique et sa santé mentale.

Nous voulons tous protéger nos enfants afin d’éviter qu’ils ne se blessent. Mais parfois, cette façon de faire peut nuire au développement sain de l’enfant et au jeu. Informez votre enfant des risques potentiels de ses activités, mais encouragez-le à explorer ses limites. N’oubliez pas que le jeu ne devrait pas être aussi sécuritaire que possible, mais aussi sécuritaire que nécessaire.